« On est champions ou on n’est pas champions ? »
« C’est la première question que j’ai posé à mon équipe via la radio samedi lorsque j’ai franchi la ligne d’arrivée de cette course cataclysmique ! Entre l’intervention de la voiture de sécurité et le déluge qui s’est abattu sur nous, impossible de savoir où étaient mes principaux adversaires pour le titre. Puis… Ca a été l’explosion de joie ! Difficile de trouver les mots pour exprimer ce que j’ai ressenti au moment précis où je suis descendu de la voiture. Toute l’équipe Dams était là, celle avec laquelle j’ai grandi cette saison, celle avec laquelle je ne voulais vivre que le meilleur. Même si finalement, c’est peut-être le pire qui m’a pousser à me surpasser, quelques soient les circonstances.
Vous le savez, le chemin fut long jusqu’à ce titre. Impossible de recoller les bouts de saisons accomplis par intermittence pour décrocher le graal en GP2 Main Series. 2008, l’année de la découverte. 2009, l’année du succès avorté. 2010, l’année de la renaissance. Enfin, 2011… L’année de quoi finalement ? La consécration ? Je l’ai déjà vécu auparavant en allant chercher les titres en Formule Renault ou F3 Euroseries. La confirmation ? J’ai toujours su, même dans les moments les plus difficiles, que je serais capable un jour d’apporter à une équipe la confiance qui lui manquait. Alors 2011, l’année de la maturité peut-être, et de la sérénité sûrement.
Certains ont quand même fait quelques remarques acerbes sur mon week-end de sacre en Belgique sans victoire en piste. Personnellement j’en garde le souvenir de deux départs solides lors des deux courses, aucune erreur et un podium à la clé. Il me reste à présent un dernier objectif à Monza, en Italie : utiliser toute mon expérience pour tenter d’aller chercher le titre constructeurs, et l’histoire serait parfaite.
Merci à ceux qui n’ont pas cru en moi, les critiques m’ont rendu plus fort. Merci aussi à ceux qui y ont cru, par tous les temps. Merci à Gravity, à l’équipe Dams et à son chef d’orchestre, sans qui rien aurait été possible : M. Jean-Paul Driot. Le titre de champion GP2 Series ne changera pas qui je suis, mais il fera de moi un meilleur pilote, j’en suis convaincu.
L’aventure continue… »
Romain Grosjean